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1 septembre 2015 - Mis à jour le 24 mai 2016

Sept ans et demi de prison pour Khadija Ismaïlova : une “décision révoltante” en guise de “signal d’intimidation”


Reconnue coupable de presque tous les chefs d’accusation portés contre elle, la célèbre journaliste d’investigation Khadija Ismaïlova a été condamnée à sept ans et demi de prison, le 1er septembre 2015, par un tribunal de Bakou.
Libérez Khadija Ismaïlova !Pétition

“La condamnation de Khadija Ismaïlova n’est malheureusement pas une surprise étant donné que la justice azerbaïdjanaise semble avoir pour fonction de fournir un vernis légal à la répression d’Etat, déclare Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de Reporters sans frontières (RSF). Cette décision arbitraire n’en est pas moins révoltante. Le seul tort de la journaliste est d’avoir enquêté avec courage et obstination sur la corruption au sommet de l’Etat. Ce verdict envoie un signal d’intimidation extrêmement fort à ses collègues azerbaïdjanais.”

La journaliste n’a même pas été autorisée à lire jusqu’au bout sa dernière déclaration lors de l’audience du 31 août. La grande majorité des journalistes indépendants et des observateurs auront été tenus à distance tout au long du procès. Arrêtée le 5 décembre 2014, Khadija Ismaïlova aura croupi près de neuf mois en détention provisoire sous des chefs d’inculpation changeants. Elle est finalement reconnue coupable de presque toutes les charges, à l’exception du prétexte absurde qui lui avait valu d’être arrêté: l’”incitation au suicide” d’un ancien collègue.

Après avoir anéanti tout pluralisme médiatique, les autorités azerbaïdjanaises orchestrent depuis 2014 une répression sans précédent contre les journalistes indépendants. L’organisation exige la remise en liberté immédiate et inconditionnelle de Khadija Ismaïlova et des onze autres journalistes et blogueurs incarcérés pour avoir exercé leur mission d’information. RSF demande à tous les partenaires internationaux de Bakou de faire du sort de la journaliste un point incontournable des discussions bilatérales.

Le pays occupe la 162e place sur 180 pays au Classement mondial 2015 de la liberté de la presse de RSF.

Lire in extenso la dernière déclaration de Khadija Ismaïlova (en anglais)