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11 octobre 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Quand le quatrième pouvoir se rebelle


Reporters sans frontières apporte son soutien aux médias privés qui ont décidé le 9 octobre de suspendre indéfiniment, en guise de protestation contre la suspension de deux journaux, la couverture des activités de la ministre de l’Information, de la Jeunesse, de la Culture et des Sports, Fennela Mukangara, et du directeur des Services d’information en Tanzanie, Assah Mwambene. Le 27 septembre, les quotidiens en swahili, Mwananchi (le Citoyen) et Mtanzania (le Tanzanien) avaient été suspendus, respectivement pour 14 et 90 jours, le gouvernement les ayant accusés de "tendance à publier des articles d’incitation et d’hostilité, (…) et (de) mettre ainsi en danger la paix et la cohésion régnant dans le pays". "Cette suspension est tout à fait illégitime et la réaction originale des associations de médias privés met le gouvernement face aux conséquences de sa politique de musèlement de la presse", a déclaré Reporters sans frontières. "Il faut absolument que le législateur tanzanien révoque et remplace la loi de 1976 sur la presse, qui confère au ministère de l'Information des pouvoirs liberticides et est utilisée pour porter de graves atteintes à la liberté d'information." "Entre temps, il sera intéressant d'observer comment le ministère de l'Information se passera de la couverture des médias privés, qui constituent la grande majorité du paysage presse et audiovisuel du pays. " La loi de 1976 confère au gouvernement le pouvoir de suspendre toute publication unilatéralement. Les associations qui ont lancé à Dar Es Salaam la mobilisation, dont l’Association des propriétaires des médias en Tanzanie, le Forum des Editeurs de Tanzanie, la branche tanzanienne de MISA, le Conseil des Médias en Tanzanie et l’Union des clubs de presse de Tanzanie, se sont déclarées " préoccupées" par la décision des autorités tanzaniennes, et on réclamé une "loi moderne sur le droit à l’information et une législation actualisée". Ces suspensions interviennent alors que le journal Mwanahalisi est suspendu lui depuis le 30 juillet 2012. La Tanzanie a perdu 36 places sur le classement mondial de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse entre 2012 et 2013 et se trouve actuellement au 70ème rang sur 179. Pour plus d'information sur la Tanzanie Photo : AFP