Héros de l'information

Laura Poitras

Sans Laura Poitras, la rencontre entre Edward Snowden et Glenn Greenwald n’aurait peut-être jamais eu lieu. Lorsque le lanceur d’alerte contacte Glenn Greenwald fin 2011, ce dernier renâcle à utiliser des standards élevés de chiffrement des communications. Snowden se tourne alors vers Poitras, pour qui ces techniques sont plus familières. On comprend aisément pourquoi. La documentariste est dans le collimateur des autorités américaines depuis qu’elle a réalisé « My country, My Country » en 2006, un documentaire sur la guerre d’Irak nominé aux Oscars. Sur ses billets d’avion figure la marque « SSSS », pour « Secondary Security Screening Selection ». Une mesure de sécurité américaine qui contraint Poitras à subir des interrogatoires approfondis à chacun de ses déplacements internationaux. Elle peut se targuer d’avoir passé plus de 40 interrogatoires à l’occasion desquels son matériel informatique est régulièrement saisi pour inspection. Il ne lui sera pourtant jamais signifié la raison de cet acharnement. Aujourd’hui installée à Berlin, Laura Poitras poursuit son travail avec Glenn Greenwald autour des révélations sur les pratiques de surveillance de la NSA et son travail de documentariste lui vaut de nombreuses récompenses et distinctions.