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3 juin 2016 - Mis à jour le 8 juin 2016

Venezuela: la presse violemment prise pour cible lors des manifestations dans les rues de Caracas

Reporters sans frontières (RSF) dénonce fermement les nombreuses agressions commises à Caracas ce jeudi 2 juin contre les journalistes vénézuéliens qui couvraient les protestations sociales contre la pénurie alimentaire. Au moins 19 journalistes ont été pris à partie par la police et les manifestants.

Le 2 juin 2016, les manifestations dans les rues de la capitale Caracas ont été le théâtre d’un déferlement de violences contre les journalistes vénézuéliens qui tentaient de faire leur travail d’information.


Dans un contexte particulièrement tendu, puisque de nombreux vénézuéliens protestaient contre le manque d’aliments et les conséquences de la grave crise économique que traverse le pays, les représentants de la presse locale et nationale ont été purement et simplement pris pour cible par l’armée nationale, la police et une partie des manifestants: agressions physiques et verbales, menaces, confiscation ou destruction de matériel. Un cauchemar pour les nombreux journalistes présents sur place.


Reporters sans Frontières appelle de toute urgence les autorités et le peuple du Venezuela à respecter le travail des journalistes et à ne pas cristalliser les problèmes traversés par le pays contre une profession, déclare Emmanuel Colombié, responsable du Bureau Amérique latine pour RSF. Dans cette période marquée par une forte tension sociale, il est primordial que les journalistes puissent faire leur travail d’information sereinement. La justice du Venezuela doit faire toute la lumière sur ces persécutions inacceptables.”


Voir la vidéo (crédits: LaPatilla)


Voir également ce Tweet de Fernando J.Enrique (@ferchomr90)


Selon l’ONG Vénézuélienne Espacio Público , au moins 19 journalistes ont été agressés en à peine deux heures dans le centre de Caracas. Parmi eux, notamment, des envoyés spéciaux et journalistes de Vivo Play, El Universal, El Pitazo, 2001, El Nacional, Crónica Uno, NTN24, et Caraota Digital.


Plusieurs témoignages de journalistes agressés affirment que des représentants élus de la ville de Caracas auraient directement pris part à ces violences et confiscations de matériel.


RSF se joint au Collège National des Journalistes du Venezuela (CNP) pour demander au gouvernement de “réelles garanties pour le libre exercice du journalisme dans le pays”, et exhorter la Justice locale ainsi que la ‘Defensoría del Pueblo’ (Défenseur du peuple)- rattachée au Ministère Public, à identifier les auteurs de ces agressions et à appliquer les sanctions nécessaires.


Le Venezuela est classé 139ème sur 180 pays au Classement sur la liberté de la presse établi par RSF en 2016.