Actualités

26 octobre 2018

Les journalistes birmans d’Eleven Media libérés, RSF exige l’abandon des charges

Les journalistes Kyaw Zaw Lin (gauche), Nayi Min (centre) et Phyo Wai Win (droite) quittent la salle d’audience après avoir été libérés sous caution. Toujours poursuivis, ils risquent deux ans de prison (photo : Ye Aung Thu / AFP).
Les trois journaliste du groupe Eleven Media emprisonnés il y a deux semaines ont été libérés sous caution ce matin. Reporters sans frontières (RSF) exige l’abandon de l’accusation fallacieuse qui pèse encore contre eux.


Ils n’auraient jamais dû se retrouver derrière les barreaux. Libérés sous caution ce matin, vendredi 26 octobre, les rédacteurs en chef du groupe de presse Eleven Media, Kyaw Zaw Linn et Phyo Wai Win, ainsi que le chef du service “Reportage” Nayi Min, sont toujours poursuivis pour avoir “manqué de respect envers le gouvernement régional de Rangoon”.


En cause, une enquête publiée le 8 octobre sur la répartition hasardeuse du budget régional de la métropole, et notamment sur un prêt contracté par la municipalité sans approbation du parlement local pour l'achat de bus scolaires. L’article a déplu à l’équipe du maire Phyo Min Thein, à l’origine de la plainte, qui s’avère être un proche d’Aung San Suu Kyi. Son entourage a affirmé mardi qu’il abandonnerait les accusations contre les trois journalistes à condition que ceux-ci fournissent des excuses publiques dans la presse d’Etat.


“Le déroulement de cette affaire rappelle les pires heures de la junte militaire birmane concernant la mise au pas des journalistes, déplore Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Nous demandons l’abandon immédiat des charges qui pèsent contre l’équipe d’Eleven Media, qui s’est contentée de faire son travail dans un esprit d’intérêt public. Il en va de la crédibilité de la transition démocratique du pays, déjà largement écornée par les violations de la liberté de la presse.”


Constatant la gravité des atteintes à la liberté d’informer depuis le début de l’année en Birmanie, RSF a récemment déclenché une “procédure d’alerte” relative à la position de la Birmanie dans l’édition 2019 du Classement mondiale de la liberté de la presse


Le pays y occupe actuellement la 137ème place sur 180.