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3 avril 2019 - Mis à jour le 9 avril 2019

Ghana : le principal suspect de l’assassinat d’Ahmed Hussein-Suale arrêté

Le journaliste ghanéen Ahmed Hussein-Suale a été assassiné par balles. © Hussein-Suale Family/Handout
Reporters sans frontières (RSF) se réjouit de l’annonce de l’arrestation du principal suspect de l’assassinat du journaliste d’investigation Ahmed Hussein-Suale et demande aux autorités d’aller jusqu’au bout de cette affaire pour faire toute la lumière sur ce crime abominable.

Le principal suspect de l’assassinat du journaliste a été arrêté, selon la police ghanéenne qui annonce avoir entendu 13 personnes dans le cadre de son enquête. Elle n’a pas précisé quand cette arrestation a eu lieu.


L’identité du suspect, actuellement détention, n’a pas été révélée par la directrice du département des investigations criminelles de la police, Maame Tiwaa Addo-Danquah, rapporte le site Citi News Room.


Elle a révélé que parmi les suspects figure le député Kennedy Agyapong qui avait directement menacé de s'en prendre au journaliste lors d'une interview, quelques mois précédant l'assassinat.


Il y a également le journaliste d’investigation Anas Aremeyaw Anas, responsable de la firme TigerEye PI, qui employait Ahmed Hussein Suale.


"Nous nous réjouissons de cette annonce et encourageons les autorités ghanéennes à aller jusqu’au bout", déclare Assane Diagne, directeur du bureau Afrique de l’Ouest de RSF. "Les auteurs et les commanditaires de ce crime doivent être identifiés et punis conformément à la gravité de leur acte. C’est la seule manière de rendre justice à la victime et de combattre les ennemis de la liberté de la presse"


Ahmed Hussein-Suale a été abattu, le 16 janvier dernier à Accra, dans son véhicule par des individus circulant en moto. Il avait notamment participé à la grande enquête sur la corruption dans le football ghanéen diffusée en juin dernier et en marge de laquelle plusieurs journalistes de Tiger Eye – la firme qui a réalisé l’enquête -- avaient été menacés dans une indifférence générale.


Parmi ces menaces, il y a eu celle du député Kenneth Ohene Agyapong qui s’en était pris au journaliste assassiné, en déclarant sur NET2 TV, une chaîne dirigée par sa femme : “vous savez tous que cet Ahmed vit à Madina. Quand vous le voyez, frappez-le.” La photo du journaliste était au même moment diffusée à la télévision.


Le Ghana occupe la 23e place dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018.