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27 mars 2019 - Mis à jour le 22 mai 2019

Chine : RSF exige la libération de trois journalistes enquêtant sur les conditions de travail des ouvriers

RSF dénonce l’arrestation à Guangzhou de trois journalistes dans le cadre de la répression d'un mouvement de protestation ouvrier, et exige leur libération immédiate.

Yang Zhengjun, rédacteur en chef du journal d'information sur les droits des ouvriers iLabour.net, a été arrêté à Guangzhou en janvier dernier. Le 20 mars, deux autres rédacteurs du même média, Wei Zhili et Ke Chengbing, ont aussi été arrêtés par la police. Selon leurs proches, les trois journalistes ont été arrêtés parce qu’ils dénonçaient les conditions de travail dangereuses dans certaines usines en Chine.


Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités chinoises à libérer immédiatement les trois journalistes. « Ces arrestations sont totalement illegitimes et injustifiées, s’indigne Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l'Est de RSF, qui rappelle que « le fait d’enquêter sur la sécurité dans les usines ne constitue en aucun cas un crime, mais représente au contraire une contribution importante à l’information du public chinois. »


Ces trois journalistes sont les dernières victimes d'une longue série d’arrestations et de « disparitions » intervenues depuis le début d’un mouvement de protestation ouvrier au sein de l’entreprise de machinerie Jasic Technology, en juillet 2018. Au moins 44 ouvriers et défenseurs du droit du travail seraient détenus dans le cadre de la répression de ce mouvement.


La Chine est la grande prison du monde pour les journalistes, avec plus de 60 d’entre-eux derrière les barreaux. Dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2018 publié par RSF, le pays stagne au 176e rang sur 180.