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10 octobre 2018 - Mis à jour le 26 octobre 2018

Birmanie : RSF exige la libération immédiate des trois journalistes du groupe Eleven Media

Phyo Wai Win, rédacteur en chef d’une des publication du groupe Eleven media, avait déjà été traîné devant les tribunaux dans une affaire de diffamation en janvier 2017 (Photo : Romeo Gacad / AFP).
Trois cadres de la rédaction d’Eleven Media ont été placés en détention ce matin, suite à la publication d’un article sur le budget de la région de Rangoon. Reporters sans frontières (RSF) demande leur libération immédiate et inconditionnelle.


Ils risquent deux ans de prison pour leur travail… Trois journalistes responsables des rédactions du groupe de presse Eleven Media ont été arrêtés ce matin, mercredi 10 octobre, par la police de Rangoon. Les rédacteurs en chef Kyaw Zaw Linn et Phyo Wai Win, ainsi que le chef du service “Reportage” Nayi Min, ont été jetés dans la prison d’Insein en vertu de l’article 505(b) du Code pénal birman, qui interdit la publication d’articles susceptible de causer “la peur ou la panique au sein du public”.


D’après l’acte d’accusation, ils auraient “manqué de respect envers le gouvernement régional de Rangoon”. En cause, une enquête publiée le 8 octobre sur la répartition du budget régional de la métropole.


“Nous appelons à la libération immédiate et inconditionnelle des trois journalistes d’Eleven Media, déclare Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Jeter des journalistes en prison pour leur travail est inadmissible dans un pays qui se veut sur la voie de la transition démocratique. Avec ce type d’ingérence, la Birmanie s’éloigne encore un peu plus d’un Etat de droit respectueux de la liberté de la presse.”


Perte d’indépendance


Lauréat du prix RSF en 2011, le groupe Eleven Media, qui édite cinq publications hebdomadaires, a joué un rôle fondamental dans l’avènement d’une société civile en Birmanie. L’arrestation de trois de ses cadres historiques constitue un nouvel événement inquiétant concernant la perte d’indépendance des journalistes dans le pays, susceptible d’encourager un peu plus l’auto-censure au sein de la profession.


Une situation dénoncée par RSF la semaine dernière dans une procédure d’alerte relative à la position de la Birmanie dans l’édition 2019 du Classement mondiale de la liberté de la presse. Le pays y occupe actuellement la 137ème place sur 180.