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13 juillet 2016 - Mis à jour le 24 janvier 2017

Bahreïn: RSF dénonce le maintien en prison de Nabeel Rajab

Nabeel Rajab - Twitter
​ Le président du Centre pour les droits de l’homme au Bahreïn (BCHR) a vu sa détention provisoire prolongée jusqu’au 2 août 2016, date d’une nouvelle audience pour son procès dans une affaire de tweets. RSF condamne fermement les nombreuses obstructions à la liberté d’information au Bahreïn, et le harcèlement permanent dont sont victimes journalistes et blogueurs.


Arrêté à son domicile le 13 juin 2016, Nabeel Rajab demeure en détention et avait été transféré pour un jour dans un hôpital militaire, le 28 juin suivant, pour des problèmes cardiaques, après avoir passé deux semaines à l’isolement. Selon des ONG de défense des droits humains bahreïnies, il a été examiné par un docteur et été renvoyé au poste de police de Riffa Ouest. Il est accusé de “publication et diffusion de fausses rumeurs en temps de guerre”, “d’insultes à institution”, ainsi que “insulte à pays voisin”. Ces accusations font suite à des tweets de Rajab concernant la prison de Jaw, au Yémen. La première audience a eu lieu ce mardi 12 juillet, mais la suite de son procès a été reporté au 2 août 2016. Il encourt jusqu’à 13 ans de prison.


“Il est scandaleux qu’un défenseur des droits de l’homme se retrouve en prison et dans de très mauvaises conditions de détention, pour avoir voulu informer par des tweets. Nous demandons aux autorités bahreïnies de libérer Nabeel Rajab et d’abandonner toutes les poursuites à son encontre”, déclare Reporters sans frontières.


Une mobilisation internationale importante a exhorté les autorités bahreïnies à abandonner les poursuites à l’encontre de Nabeel Rajab. RSF est co-signataire d’une lettre ouverte demandant la libération du militant, avec plus de 25 autres ONG internationales. Une résolution a également été adoptée par le Parlement Européen le 7 juillet: les eurodéputés demandaient “la libération immédiate et inconditionnelle de Nabeel Rajab et d'autres défenseurs des droits de l'homme incarcérés pour l'exercice de leur liberté d'expression, de réunion et d'association, ainsi que l'abandon de toute charge à leur encontre”.


Par ailleurs, la première audience du procès du journaliste Mahmoud Jaziri, accusé de soutien à des activités terroristes, a eu lieu le 28 juin et le procès a été reporté au 28 septembre 2016. De même, le blogueur Ali Al Maaraj, récemment sorti de prison, avait été à nouveau arrêté le 5 juin dernier sans mandat d’arrêt. Il est accusé de participation à une cellule terroriste. Récemment, la journaliste Nazeeha Saeed avait également été interdite de voyager, sans aucune raison officielle.


Pour rappel, le Royaume du Bahreïn se place en 162e position sur 180 du Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2016 par Reporters Sans Frontières.