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10 décembre 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Alexandre Alessine remis en liberté conditionnelle : RSF demande le respect de son droit à un procès équitable et ouvert


Alexandre Alessine a été placé en liberté conditionnelle, le 10 décembre 2014, sous condition de ne pas quitter Minsk, la capitale, et de se présenter aux interrogatoires. Le chef d’inculpation de “haute trahison” a été abandonné, mais le journaliste reste accusé de “collaboration avec les services de renseignement d’un gouvernement étranger”. Reporters sans frontières demande à nouveau le respect de son droit à un procès impartial et ouvert. Alexandre Alessine est resté près de deux semaines au secret avant que le Comité de sécurité de l’Etat (KGB) reconnaisse sa détention, le 8 décembre. ----------- 09.12.2014 - RSF demande la remise en liberté immédiate d’Alexandre Alessine, accusé d’espionnage Le Comité de sécurité de l’Etat (KGB) bélarusse a confirmé le 8 décembre à la famille d‘Alexandre Alessine qu’il détenait le journaliste. Accusé d’espionnage, il risque jusqu’à 15 ans de prison. Reporters sans frontières demande la libération immédiate du journaliste et le respect de son droit à un procès équitable et ouvert. Le Comité de sécurité de l’Etat bélarusse a déclaré le 8 décembre 2014 aux enfants d’Alexandre Alessine que le journaliste était détenu depuis le 25 novembre. D’après le KGB, il est mis en examen dans une affaire d’espionnage pour “haute trahison” et “collaboration avec les services spéciaux des organes de sécurité ou des services de renseignement d’un gouvernement étranger”, respectivement sur la base des articles 356 et 356-1 du code pénal bélarusse. Bien qu’accusé secondaire, le journaliste risque de sept à quinze ans d’emprisonnement. L’accusé principal de cette affaire serait un diplomate étranger avec qui Alexandre Alessine prenait un café au moment de son enlèvement. L’avocat commis d’office a demandé à ce que le journaliste, qui a des problèmes cardiaques, bénéficie d’une liberté conditionnelle pour des raisons de santé. Reporters sans frontières demande également que le procès ne se tienne pas à huis clos, contrairement à une pratique récurrente lorsque des journalistes sont accusés d’espionnage. -------------------------- 05.12.2014 - Où est le journaliste bélarusse Alexandre Alessine? Reporters sans frontières s’inquiète pour le journaliste bélarusse Alexandre Alessine, expert des questions de défense, porté disparu depuis le 28 novembre 2014. Des sources officieuses indiquent qu’il aurait été arrêté pour “espionnage” par le Comité de sécurité de l’État. Journaliste bélarusse, expert des questions économiques et spécialisé dans le domaine militaire, Alexandre Alessine est porté disparu depuis plusieurs jours. Selon des informations recueillies par le site d’opposition Charter97.org, il aurait été enlevé le 28 novembre dans un café du centre de Minsk par le Comité de sécurité de l’État (KGB) et accusé d’espionnage. Charter97.org rapporte également que si certains hommes politiques ont confirmé officieusement, sans donner plus de détails, l’implication du KGB, ce dernier n’a pas souhaité faire de déclaration officielle à ce jour. “Nous sommes profondément inquiets par le silence qui entoure la disparition d’Alexandre Alessine, déclare Lucie Morillon, directrice des programmes de Reporters sans frontières. Nous appelons les autorités bélarusses, en particulier le KGB, à communiquer dans les plus brefs délais sur leur implication éventuelle dans cette disparition, et sur les possibles accusations d’espionnage qui pèseraient sur le journaliste”. La rédacteur-en-chef du quotidien Belorussy i Rynok, pour lequel travaille depuis près de vingt ans Alexandre Alessine, a mentionné le 4 décembre 2014 que ce dernier n’était pas venu aux bureaux de la rédaction depuis le 28 novembre, mais il s’est abstenu de faire d’autres commentaires. Selon d’autres sources, le journaliste ne serait plus joignable depuis sa disparition : son téléphone est désormais éteint. L’Association des journalistes bélarusses (BAJ), organisation partenaire de Reporters sans frontières et lauréat du prix Sakharov en 2004, ainsi que le Centre des droits humains Viasna, ont également exprimé leur vive inquiétude pour le journaliste et publié un appel pour que les autorités communiquent sur son lieu de détention. Alexandre Alessine collabore également avec l’agence d’information BelaPAN et les sites naviny.by et Nacha Niva. Expert économique et militaire, il est réputé pour son professionnalisme et la qualité de son travail. La disparition du journaliste intervient alors que deux citoyens lituaniens sont accusés d’espionnage au profit du Bélarus. Les sites d’information Charter97 et Nacha Niva estiment qu’Alexandre Alessine pourrait être utilisé par les autorités bélarusses en représailles. Le 3 décembre 2014, un citoyen lituanien a été accusé par le Parquet général d’avoir transmis aux services secrets bélarusses des informations sur "les forces armées". Près d’un mois plus tôt, le 10 novembre, un autre ressortissant lituanien, ancien employé d'une société de services aériens, avait été mis en examen pour avoir transmis à Minsk des informations sur les infrastructures lituaniennes sensibles, y compris militaires. La crise ukrainienne exacerbe les tensions entre la Lituanie et le Bélarus. Si le président bélarusse Alexandre Loukachenko a critiqué l'annexion de la Crimée par la Russie, il a accepté d'accueillir sur son sol une base aérienne russe en 2015, tandis que les trois pays baltes ont obtenu un renforcement de la présence de l’OTAN dans la région. Le Bélarus occupe la 157e place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières. (Photo: www.svoboda.org)